A qui profite la victoire de Péter Magyar en Hongrie ?
Entre gagner les élections et gouverner, il y a un fossé. Peu importe, l'UE et la France se sont empressées de récupérer une "victoire" qui n'appartient qu'au peuple hongrois.
Le refaçonnage du système électoral hongrois s’est retourné contre son concepteur. En 2011, le premier ministre Viktor Orbán s’était employé, en réduisant le nombre de sièges, en redécoupant les circonscriptions, bref en instaurant des règles qui favorisent le plus grand parti, le sien, le Fidesz, à être dans une certaine capacité à être reconduit ad vitam eternam. La course à son cinquième mandat s’est arrêtée nette ce 12 avril : c’est son “rival”, le leader du parti Tisza, le conservateur “pro-européen” Péter Magyar qui l’emporte très largement.
Ainsi, grâce à ce mode de scrutin électoral majoritaire à un tour (qui n’est pas spécifique à la Hongrie, on le trouve aussi au Royaume Uni) Magyar décroche-t-il 138 sièges (sur 199) avec seulement 54 % des voix quand Orbán est quasiment relégué aux oubliettes du parlement avec 54 élus (37 % des voix).
Péter Magyar avait besoin de 133 sièges pour obtenir une majorité des deux tiers au parlement et espérer légiférer à sa guise - comme l’a fait Orbán avant lui. Pour pouvoir voter de nouvelles lois cardinales 1, réformer le système économique, juridique ou médiatique, en profondeur ou même modifier la Constitution.




