[ Accord UE-Mercosur ] "On vous prend pour des jambons"
Comme pour l'accord douanier avec les USA, la Commission européenne n'a manifestement pas mandat pour négocier tel quel l'accord. Et il n'y a personne, pas même Macron, pour s'y opposer.
Avec le traité UE-Mercosur, on assiste une nouvelle fois à une bien mauvaise pièce de théâtre. Et une nouvelle fois, Emmanuel Macron, drapé dans son costume de gardien de l’agriculture française (c’est du cosplay), en est le personnage principal. “La France ne votera pas l’accord de commerce entre l’Union européenne et le Mercosur”, répète en chœur la presse française, et ça n’y changera rien.
Pour bien comprendre ce qui se trame avec cet accord transatlantique en négociation depuis vingt-cinq ans entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, il faut certes aller regarder ce qui se déroule sur les scènes politiques intérieures mais aussi ce qui se passe dans les coulisses. Ne pas seulement se pencher sur le fond du dossier, le contenu des négociations, si l’UE, ses Etats membres, est lésée, pourquoi et comment. Mais voir comment ses principaux instigateurs font tout pour faire passer un accord contesté, sans en assumer les conséquences, évidemment.
L’accord UE-Mercosur prévoit la suppression progressive des droits de douane sur 90 % des biens échangés de part et d’autre. Il ne peut théoriquement être adopté que si tous les États membres de l’UE l’approuvent à l’unanimité car il ne s’agit pas que d’un accord commercial mais d’un accord de coopération beaucoup plus large. Et ça, personne ne le dit - certainement pas Macron.
Il y a quelques mois de cela, lors d’une discussion à propos de l’accord douanier entre l’UE et les USA, auquel on fit également emprunter des chemins de traverse, un porte-parole à la Commission européenne nous disait combien il avait l’habitude d’entendre des chefs d’Etat tenir à l’abri des caméras des propos inverses à ceux qu’ils tenaient une fois chez eux – dans ce cas précis, Paris…




