[ Analyse ] Ukraine : jusqu'où ne pas aller ?
L'aide à l'Ukraine coûte cher et menace de faire exploser le budget de l'UE. Elle sert aussi à pousser à une Union fédérale.
Où va mener la course à l’échalote engagée par l’Union européenne pour aider au financement de l’Ukraine ? Depuis 2022, plus de 193 milliards d’euros ont été alloués à Kiev. Il y a quelques jours, les dirigeants européens ont annoncé s’être mis d’accord pour accorder 90 milliards d’euros de plus dans un élan de solidarité qui, s’il ne permettra vraisemblablement pas de remettre le pays sur pied, sans parler de rentrer dans les standards européens pour viser une hypothétique intégration européenne – via le énième scandale de corruption qui secoue le pays, impliquant cette fois des parlementaires – contribuera plus certainement à couler l’UE sous le poids de sa propre dette. Que l'Ukraine aura largement contribué à faire grossir.
Mais la défense de l’Ukraine est-elle seulement l’enjeu, ou le seul enjeu ?
En 2024, la cour des comptes européenne avait alerté sur les menaces que faisait peser sur le budget de l’UE tel soutien. Ce n’était pas la première fois. En 2022, elle avait déjà souligné “l’augmentation considérable de l’exposition du budget de l’UE à la situation en Ukraine”.
La manière dont sont octroyés les prêts font du contribuable européen le premier dindon de la farce, écrivions-nous. L’article est à lire ici :
Du "quoi qu'il en coûte" appliqué à l'Ukraine
Non seulement, il n’est pas dit que l’Ukraine parvienne à rembourser ces prêts, au moins dans les délais, contribuant à aggraver l’endettement de l’Union européenne puisque le défaut de paiement serait directement supporté par les futurs budgets de l’UE. Mais de nouveaux instruments, mis en place début 2024 pour aider Kiev, viennent en rajouter une couche.
Où en est-on des prêts octroyés à Kiev ? Ils s’empilent. La plupart n’étant pas arrivés à maturité, aucun remboursement n’est prévu pour l’instant. Au mieux, il faudra attendre 2033.
Reste que rien ne dit que Kiev sera en capacité de rembourser les sommes prêtées. Sans parler des intérêts dont doit s’acquitter l’UE, et qui explosent. Compter 567 milliards d’euros d’ici 2027. Quand l’argent n’est tout simplement pas donné. Voir l’exemple de la “facilité pour l’Ukraine” mise en place début 2024. Sur les 50 milliards d’euros alloués jusqu’en 2027 pour aider le pays à se reconstruire, 17 milliards d’euros sont constitués de subventions et de bonifications d’intérêts. Non remboursables par Kiev.
Avec les 90 milliards d’euros supplémentaires prévus par Bruxelles pour 2026 et 2027, mais pas encore validés – le Conseil de l’UE et le Parlement européen doivent encore se prononcer – la question se pose donc d’une nouvelle dépense à fonds perdus.





