De la Silicon Valley à Bruxelles, de la Covid-19 à l'identité numérique
Le fil rouge, c'est les données. Ceux qui tiennent le fil : les Gafam. Et l'IA suit le même chemin.
La gestion de la pandémie de Covid-19 a, en Europe, été l’occasion d’expérimentations à grande échelle dont on commence à peine à mesurer les développements.
Expérimentation économique. La Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), ce fonds de 750 milliards d’euros destiné à relancer les économies nationales que les confinements avaient plombés, avait en 2020 inauguré un nouveau mécanisme de financement : non plus lié aux coûts mais à l’atteinte de jalons et la mise en oeuvre de réformes. Mécanisme que la Commission européenne espère déployer et généraliser dans le prochain budget européen. L’Eclaireur vous en parlait dans un précédent article :
Le piège de la "performance" européenne
Comment la Commission européenne consolide son emprise par le budget européen et le transforme en levier de pouvoir.
Expérimentation sociale aussi, ou comment le premier confinement a servi d’expérience inédite de contrôle administratif mais aussi de test d’expérience d’obeissance de masse, mécanisme parfaitement décrit par les sociologues et historien Nicolas Mariot et Théo Boulakia dans leur livre L’attestation. Attestations de sortie, pass sanitaire avec QR Code, la Covid a normalisé l'idée qu'une urgence justifie la suspension temporaire de libertés fondamentales, sans que la question ne fasse beaucoup de débats.
“Cette QR code-isation sociale pendant la crise sanitaire se traduit par un enjeu de classification des individus en fonction de données personnelles. Dans la société numérique d’aujourd’hui, celui qui maîtrise les données et les règles d’utilisation des données est celui qui détient le pouvoir”, souligne dans une étude la chercheuse d’origine chinoise Yuwen Zhang.
Enfin expérience de contrôle technologique, qui découle du point précédent. Nous y voilà.





