[ Economie ] Cramer un pognon de dingue
Intervention américano-nippone pour soutenir le yen: des dizaines de milliards qui n'ont rien résolu et n'ont pas stabilisé le marché des obligations d'Etat américaines.
Dans une administration normale, Scott Bessent, le ministre des finances de Donald Trump, aurait du démissionner puisqu’il a laissé publier une photo prise lors d’une partie publique du conseil des ministres, d’un bloc- note, d’une to-do list, avec une seule phrase: “acheter du yen pour 5 à 10 milliards de dollars.”
Le ministre des finances américain a trankilou bilou claironné une opération sur le marché des changes en donnant la direction et l’ordre de grandeur d’une intervention de politique monétaire. En laissant délibérément prendre en photo son bloc note, c’est bien la manipulation des marchés sans que le ministère des finances américain ne dusse s'engager dans une politique et/ou une posture précise qui était recherchée. Au détriment de la confiance et de la crédibilité qui sont les deux mamelles de toute politique monétaire.
Le yen s'est effondré ces dernières mois à son plus bas niveau face au dollar depuis 1986, avec un taux de change proche de 164 yens pour un dollar. Cette faiblesse s'explique par l'écart de taux directeurs entre le Japon et les États-Unis, ainsi que par les inquiétudes concernant la politique budgétaire très expansionniste de la première ministre japonaise Sanae Takaichi.
Vendredi 30 juillet, le Japon et les États-Unis ont ainsi mené une intervention coordonnée d'achat de yen, la première depuis 2011 — et la première visant à le soutenir (et non à l’affaiblir) depuis 1998 : 70 à 100 milliards de dollars en une seule journée, ça ne passe pas inaperçu.





