Le 19 août, le Trésor américain a décidé d’au moins doubler ses rachats de titres à 10-30 ans, passant de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, du 9 septembre et jusqu’au 4 novembre.
Washington se veut rassurante : pas de panique, pas de pénurie d’acheteurs. Officiellement, il s’agit d’un simple soutien de liquidité — un programme de rachat des titres “off-the-run”, de vieilles émissions devenues moins liquides sur le marché secondaire. Rien de nouveau sous le soleil : la pratique existe depuis deux ans déjà.
Sauf qu’un doublement d’intervention ne s’improvise pas. Et le contexte, lui, ne rassure personne : une dette publique américaine qui culmine désormais à 40 047 milliards de dollars — dont 32 266 milliards en bons du Trésor et 7 782 milliards en dettes intra-gouvernementales. Ca donne le vertige, et ça rend chaque ajustement technique du Trésor immédiatement scruté comme un signe potentiel de tension sous-jacente.
Officiellement, donc, rien à voir avec un marché qui regimbe. Mais dans un contexte de dette record, même ce qui est présenté comme la routine finit par ressembler à un aveu. Les Etats-Unis rachètent leur dette à long terme avec de la dette à court terme.
Nous ne parlerons pas de Donald Trump, qui, en roule libre, a déclaré hier “Laissez-nous tranquilles. On pourrait avoir un PIB 10 fois supérieur avec des taux d’intérêts plus bas. Laissez-nous tranquilles. Baissez les taux d’intérêt”. C’est justement parce que les acheteurs “laissent tranquille” la dette américaine que ses rendements explosent.




