IA: Intelligente arnaque (2ème partie)
Non Sire, ce n'est pas qu'une bulle financière, mais une escroquerie en bande organisée. Investissements massifs, effets d’annonces mirobolants mais... apports macroéconomiques inexistants.
C’est le retour du paradoxe de Solow, du nom de Robert Solow, prix Nobel d’économie, qui a fait le constat dans la seconde moitié des années 1980 que l’on voyait l’informatique partout sauf dans les chiffres de la productivité. Le gain de productivité a en fait chuté dans les économies développées concomitamment à la généralisation de l’informatique.
De 2,9% de 1948 à 1973, il est passé à 1,1% de 1973 à 1998.
Un autre prix Nobel d’économie, Daron Acemoglu du MIT, estimait pour sa part dans un article paru en 2024 que l’IA pourrait induire une augmentation de la productivité au maximum de 0,5% les dix prochaines années.
Mieux que rien.
Alors que les techno-nazis de Palantir viennent de publier leur Mein Kampf 2.0. intitulé La République technologique (lisez-le, c’est effrayant), l’IA est utilisée depuis plus de quinze ans pour produire des centaines de milliers de cadavres de civils innocents (autant de crimes de guerre) et est le moteur de la surveillance de masse. Nous avons souligné dans l’édito ci-dessous les énormes points d’achoppement éthiques et juridiques des IA militaires.
Même à la guerre, l’IA n’apporte pas de valeur ajoutée, comme les défaites américaines en Irak, en Afghanistan et aujourd’hui en Iran et les revers israéliens à Gaza (le Hamas n’a toujours pas été éradiqué) et au Liban (Tsahal se fait tailler en pièce par le Hezbollah) le montrent. D’où la panique chez les grands du secteur, qui ne veulent surtout pas que cela se sache.
Poursuivons notre analyse de la réalité économique de ce secteur.
Dans la première partie de cette série, nous avons montré que l’IA n’est absolument pas la “révolution” que l’on nous présente, juste une couche supplémentaire d’automatisation, dont les effets seront somme toute négligeables comparés à ceux de l’ordinateur personnel, du traitement de texte et du tableur.
Quand Oracle licencie 30 000 employés par un simple courriel en arguant de l’intelligence artificielle, ce n’est qu’un prétexte. L’écrasante majorité des projets d’IA dans les grandes entreprises, à commencer les entreprises technologiques, sont des échecs, au point qu’elles rembauchent les employés rendus prétendument surnuméraires par l’IA.
Les licenciements chez Oracle sont le moyen de garantir la valeur aux actionnaires en organisant des transferts de valeur ajouté de la main d’oeuvre vers le capital toujours plus grands. C’est aussi un moyen d’anticiper la crise économique carabinée et l’implosion de la bulle IA qui va nous tomber dessus à cause de la guerre déclenchée par Benjamin Netanyahou et Donald Trump en Iran.
L’abandon par Valéry Giscard d’Estaing en 1975 du plan calcul lancé par de Gaulle en 1966 a sonné le glas d’une industrie informatique française indépendante. Depuis, nous sommes condamnés à subir des gens comme Thierry Breton qui ont coulé, démantelé ou vendu nos joyaux nationaux: Bull, Alcatel, Atos etc.
En France, par informatique on entend logiciel. Or, sans machines, aucun logiciel ne tourne. Open AI, Mistral AI, Claude, Grok et consorts ne sont possibles que par les progrès techniques dans le hardware, que ce soient les capacités de calcul des microprocesseurs, les capacités de stockage de données et les débits des réseaux de communication.
Sans centres de données, pas de cloud ni d’IA. Or, les centres de données sont très gourmands en électricité, pour faire tourner les serveurs mais aussi pour les conserver à une température de fonctionnement optimale. Et l’électricité est une énergie secondaire: il faut consommer une énergie primaire - charbon, gaz, pétrole, uranium, solaire, éolien, hydraulique - pour en produire.
Aujourd’hui, plus de la moitié des projets de construction de centres de données dans le monde sont annulés ou reportés. Pourquoi? Parce que personne n’est assez fou pour continuer d’investir plus d’argent dans des infrastructures non-rentables pour qu’elles continuent à être non rentables. La pénurie de matériaux critiques et la crise énergétique sont également passées par là.





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