Propagande : mode d'emploi en période d'élections
La propagande n'est pas l'apanage d'un camp. Elle est partout. La Hongrie en est un exemple saisissant.
Distinguer l’information de la propagande devient passablement compliqué. Et ce n’est pas dans les médias, pas plus que sur les réseaux sociaux, dans la communication officielle, d’Etat, des partis, dans les analyses ou les sondages qu’il faut s’attendre à trouver de “vraies” réponses. Démonstration par l’exemple, celui de la Hongrie, puisque c’est d’actualité avec des élections législatives ce 12 avril qui tiennent tout simplement de test pour le pays comme pour l’avenir et l’évolution de l’Union européenne.
Il apparait clairement que les différents acteurs utilisent et instrumentalisent tous les outils qu’ils ont à leur disposition.
Depuis seize ans qu’il est au pouvoir, Victor Orban a non seulement une certaine pratique des médias d’Etat qui font allégeance au pouvoir - 80 % des médias sont sous contrôle en Hongrie - des deepfake accélérés avec l’IA mais il a aussi et surtout remodélé, par deux fois, en 2011 et 2024, les circonscriptions électorales à son avantage, réduisant drastiquement le nombre de députés, supprimant le second tour et créant un système mixte transformant une majorité relative en super-majorité des deux tiers, comme relevé dans plusieurs rapports. C’est la technique dite du gerrymandering. Ainsi, lors des dernières élections en 2022, avec 53 % des voix, le parti au pouvoir a remporté 83 % des circonscriptions.
Le principal rival de Victor Orban, Peter Magyar (Tisza) profite lui du soutien de Bruxelles, dont on se demande quelle légitimité il a (l’exécutif européen) à s’immiscer dans des élections nationales au mépris de la souveraineté du vote des Hongrois - la même remarque est valable pour toute ingérence, russe, américaine, etc.
La Commission européenne se sert du Digital Service Act (DSA) et du "rapid response system" (mécanisme de défense qu’elle a annoncé activer ce 17 mars) comme levier de pression sur les plateformes, tout en l'habillant d'un discours sur la désinformation et la protection démocratique, pour faire supprimer ou réduire les contenus potentiellement gênants. Mais promis, ce n’est pas elle qui est à la manoeuvre.
Les plateformes - Meta/Facebook, TikTok...- naviguent entre les exigences et menaces de Bruxelles et leurs propres intérêts commerciaux, en appliquant des restrictions de façon opaque.
Trump et Poutine soutiennent tous deux Orbán — pas uniquement par affinité idéologique, mais avec une intention stratégique claire. Les Etats Unis ne s’en cachent pas. Marco Rubio s'est rendu à Budapest en février pour réaffirmer le soutien de Washington avant les élections. Soutien qui s’était matérialisé par une exemption sur les importations de pétrole russe. De son côté, Poutine a déclaré publiquement que la Russie continuerait à fournir du gaz à ses "partenaires fiables" à condition qu'ils "poursuivent la même politique qu'aujourd'hui".
Les médias des deux camps amplifient sélectivement les faits qui servent leur discours. Oubliant opportunement que s’il y a certainement une ingérence ou une tentative d’ingérence russe dans ces élections, il y en a une autre aussi flagrante : celle de la Commission européenne, voire celles des USA. Et qu’il est gênant de donner des leçons quand on ne les applique pas à soi-même.
Du côté des instituts de sondage, on entre clairement en terrain miné tellement la question est polarisée et instrumentalisée. Où l’important n’est manifestement plus de donner des tendances un tant soit peu avérées que d’influencer l’électeur et saper le moral de l’adversaire. Le tout sur fond d’accusations d’ingérences de part et d’autre. Même chose du côté des think tanks.
La propagande est devenue la règle du jeu. De quelle défense de la démocratie parle-t-on ?
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Un article particulièrement impartial sur un sujet bien difficile.
Pour ma part, je considère que le système européen tel qu'il est aujourd'hui est un piège à l'échelon du continent et que la démocratie n'y existe plus.
Tous les pays qui ont intégré ce "machin" pour ses "valeurs" se trouvent piégés s'ils viennent à se rendre compte que cela ne leur convient plus. Les Anglais ont pu sortir (ce fut laborieux) mais ils avaient conservé leur monnaie. Pour les autres - dont la France - c'est devenu impossible d'autant que, paradoxalement quand on nous bassine quotidiennement avec la liberté incluse dans les "valeurs" citées ci-dessus, aucun parti n'est toléré s'il envisage une sortie de l'UE. Un comble pour un système dit démocrate!Enfin, les élections de Roumanie et de Moldavie - pour ne citer que les dernières - ont été évidemment manipulées. Je ne parle même pas du premier tour des présidentielles chez nous où Fillon a été effacé avec une rapidité qu'on n'a jamais revu de la part de la justice. Ce dernier exemple démontre, s'il en était besoin, qu'avec une volonté politique, on arrive à tout.
"Le principal rival de Victor Orban, Peter Magyar (Tisza) profite lui du soutien de Bruxelles, dont on se demande quelle légitimité il a à s’immiscer dans des élections nationales au mépris de la souveraineté du vote des Hongrois - la même remarque est valable pour toute ingérence, russe, américaine, etc."
Ce n est pas tout a fait la même chose, car l ingérence d un pays étranger est une pratique qui a toujours et aura toujours lieu, aux pays de s en protéger.
En revanche, la propagande de l union européenne se fait avec nos impôts... Ceux des autres pays, d ou la monstruosité du machin et qu on ne peut pas logiquement s en protéger, vu que c est nous même en qque sorte.