Relance du nucléaire : une course perdue d'avance
Le nucléaire est mort, vive le nucléaire ? Sauf qu'entre retards, dépendances et échecs en cascade, le virage des petits réacteurs modulaires semble bien mal amorcé en Europe.
Moins de deux mois séparent ces deux interventions.
15 janvier 2026 - Le chancelier allemand Friedrich Merz reconnait que la sortie du nucléaire a été une énorme erreur et a coûté très cher à l’économie alemande.
10 mars 2026 : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen reconnait que la réduction de la part du nucléaire en Europe était une erreur stratégique.
A Paris, Ursula von der Leyen a fait son mea culpa et rétropédalé après vingt ans de schizophrénie énergétique sur la question du nucléaire, annonçant un nouveau plan de la Commission européenne pour ne pas rater le train, déjà parti, du “nouveau” nucléaire : celui des SMR, les small modular reactor, ces petits réacteurs modulaires conçus pour produire de l’électricité ou de la chaleur industrielle de manière plus flexible, rapide, moins coûteuse (à voir) que les grands réacteurs classiques.
Sur la chronologie de tels aveux, on se bornera à remarquer que la décision de l’abandon du nucléaire en Allemagne avait été prise à l’époque de la chancelière Angela Merkel quand Ursula von der Leyen y était sa ministre. Depuis, poussé par la Commission, que préside von der Leyen depuis 2019, le modèle allemand a essaimé, en Belgique, en Espagne, même s’il n’est jamais allé aussi loin qu’Outre-Rhin où toute marche arrière est impossible, tant politiquement que techniquement.
Reste que la nouvelle stratégie européenne d’un virage vers les SMR, confortable pour l’Allemagne, laisse dubitatif.





