[ Flash ] On vient de réintroduire le crime de lèse-majesté
Avec le verdict de première instance dans l'affaire "Jean-Michel Trogneux", la justice française se couvre une nouvelle fois de ridicule.
Le ménage qu’il y a à faire dans les institutions françaises est incommensurable. Tout comme la bêtise des juges de première instance qui ont visiblement cédé à la pression politico-médiatique et ont rendu un jugement qui, à notre avis, est juridiquement aberrant et va l’encontre de 150 ans de jurisprudence.
Gabriel Attal, jamais en reste de commentaires imbéciles, s’en félicite. Comme la majorité de la classe politique française. C’est dire le niveau abyssal de ceux qui prétendent nous gouverner, pour lesquels une loi n’est bonne que quand elle les sert d’abord personnellement. On va rappeler à Tchoupi qu’il faut attendre l’appel et la cassation pour que “justice soit rendue”, et que dans cette affaire il ne s’est jamais agi de poursuites pour insultes ou diffamation. Mais bon, on nous dit dans l’oreillette que le petit n’a fait que peu d’études et n’a jamais bûché son droit.
Le fondement des poursuites et sur lequel a été rendu ce jugement est la scélérate loi Schiappa de 2018, qui a créé ex nihilo un délit lié à la liberté d’expression pour l’introduire dans le code pénal général. C’est l’article l’article 222‑33‑2‑2 du code pénal. Thomas Fazi et votre serviteur avons mis en lumière dans les Twitter Files France ce processus délétère, voisin de la censure, qui ne vise pas à protéger la société et les plus faibles comme c’est annoncé, mais une petite camarilla parisienne obsédée par son image et qui ne supporte ni les critiques, ni la raillerie. Et pour faire bonne mesure, on a créé ce qui n’est autre qu’un parquet national spécialisé, le pôle national de lutte contre la haine en ligne, au motif que ces affaires seraient complexes.
C’est parfaitement faux. Les enquêtes dans ce genre d’affaires sont par nature techniques. Elles sont réalisées par des policiers ou des gendarmes spécialisés. Elles visent à attribuer à des individus ou des groupes d’individus la paternité de leurs propos. N’importe quel magistrat frais émoulu de l’Ecole nationale de la magistrature est capable de les diriger.
L’important dans cette affaire est que Brigitte Macron ne pouvait pas porter plainte en diffamation. L’aurait-elle fait, elle aurait été déboutée sous les éclats de rire et les vivats de la populace. La transition de genre étant légale en France, avancer qu’elle est née homme n’est pas diffamatoire et ne constitue pas une atteinte à son honneur et à sa considération.
On a donc utilisé de manière parfaitement oblique le harcèlement moral et sa version cyber, qui est un délit à partir du moment où l’on apporte les preuves matérielles qu’il a causé un réel préjudice moral et/ou matériel. Or, à notre connaissance, Brigitte Macron a refusé de se soumettre à l’obligatoire expertise psychologique permettant d’établir le préjudice moral. Seule sa fille Tiphaine Auzière est venue pleurer à la barre. Le préjudice matériel lui ne peut être établi puisque Brigitte Macron ne peut légalement tirer rémunération d’une fonction qui n’existe pas – à moins de se rendre coupable d’un détournement de fonds publics.
La jurisprudence, tant française qu’européenne, est claire. Ceux qui ont fait le choix d’être des personnages publics ou d’en faire profession disposent d’une protection moindre que le quidam. Quand Brigitte Macron passe son temps à courir les médias, quand elle se met en scène avec son mari dix ans durant, quand elle s’invente un rôle institutionnel de première dame qui n’existe pas, la jurisprudence dit qu’alors elle doit accepter d’être brocardée par le public dans des proportions bien plus grandes que si elle était restée la femme d’un banquier d’Amiens et simple professeur de théâtre dans un bahut privé du coin, au lieu de faire l’école buissonnière avec un de ses élèves de moins de 15 ans. Ecole buissonnière et âge de l’élève qui sont, rappelons-le, le nœud de l’affaire.
Ci-après un tableau récapitulatif des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme, qui démontre – si besoin en était encore – qu’en France la classe dirigeante déteste la liberté d’expression, puisque ni la loi ni la jurisprudence française n’y sont conformes.
Le plus effrayant est ce que cela nous dit sur ces gens, aussi plats qu’une couverture de Paris-Match – tellement plats qu’on n’en voit pas le fond aurait dit Nietzsche. Ils veulent le pouvoir, la gloire et l’argent. Ils sont intimement persuadés que cela leur est dû, que c’est leur droit naturel, qui ne saurait souffrir d’aucune contrepartie, d’aucun prix, d’aucune contestation. Tenez, comme la noblesse de cour dégénérée de 1789.
Car, enfin, face à des rumeurs que nul ne peut éteindre et qui, on le sait, seront amplifiées par toute action en justice, la seule attitude à adopter est celle d’Amanda Lear, qui a copieusement ri durant des décennies de celles qui voulaient qu’elle fût un homme, et s’en est habillement servi.
Au delà des appels aux condamnations prononcées en première instance (rappelons que Brigitte Macron a déjà été précédemment déboutée en appel dans un dossier connexe), la question que tout le monde se pose est de savoir quel impact ce jugement de première instance aura sur la procédure engagée par les Macron aux Etats-Unis contre Candace Owens.
[ Flash ] Macron c. Owens
“Nous allons servir de fable et de risée à tout le monde, et voilà ce que vous vous êtes attiré par vos extravagances” - Molière, Les précieuses ridicules.
La réponse est aucun, pour plusieurs raisons. La première est que la justice américaine se contrefiche de ce que peut bien décider la justice française, sa jurisprudence ne s’appliquant pas aux USA. La seconde est que les Macron ayant, en lançant des poursuites outre-Atlantique, fait passer ce dossier dans le champ diplomatique, la diplomatie américaine va disséquer le jugement, qui ne traite en aucun cas de diffamation. La dernière est que la diplomatie américaine a parfaitement saisi qu’il s’agissait d’une opération politique dans laquelle il n’était nulle question de diffamation, et qu’elle ne manquera pas d’en informer le juge comme la loi l’autorise.
Ces condamnations en première instance, loin d’apaiser le la situation, vont au contraire décupler la détestation d’un partie très majoritaire de la population contre le couple Macron et la justice. Belle réussite, très bénéfique pour la concorde nationale.






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Ou crime de lèche-majesté
Merci. Excellent article. Ces « gens » ont détruit ce qui restait de ce pays et les juges se sont avilis à condamner des gens qui ont osé parler. Ne doutons pas qu’ils seront capables de tout pour garder le pouvoir. De tout.