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La Lettre confidentielle

Jeffrey la barbouze (première partie)

Il ne faut pas confondre milieux adjacents aux services de renseignement et agent d'un service de renseignement. Tout comme il ne faut pas confondre entremetteur et espion.

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Pascal Clérotte
févr. 19, 2026
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Quoi de mieux pour lancer la machine à fantasmes, pour s’envelopper d’une aura mystérieuse, que de faire croire qu’on a des liens étroits avec des services de renseignement, qui ne répondront pas si on leur demande confirmation?

Tactique aussi vieille que le monde est monde que de laisser penser qu’on est très proche ou qu’on fait partie de ceux qui organisent le secret ou opèrent en secret. Ecoutez notre interview avec Richard B. Spence, historien spécialiste de l’espionnage et des sociétés secrètes, qui ne dit pas autre chose.

Richard B. Spence: "La démocratie est un théâtre; les élections, une représentation"

Pascal Clérotte
·
Feb 17
Richard B. Spence: "La démocratie est un théâtre; les élections, une représentation"

Ce podcast est en anglais.

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Les médias, indépendants inclus, s’étant jetés sur les millions de documents publiés sans voir le piège ainsi tendu, sont incapables de vérifier les faits. N’étant que des caisses de résonance produisant du flux, ils ne disposent pas des sources et des ressources nécessaires à une compréhension fine de ce qu’est vraiment l’affaire Epstein - qu’il faudra de toute manière des années pour démêler dans le détail. Il ne leur reste donc pour faire de l’audience qu’une forme de chasse aux sorcières alimentée par des rumeurs, des conjectures et des spéculations - ce qui n’est pas de l’information mais du bruit.

Les personnes impliquées dans le volet exploitation sexuelle de mineurs, certes sordide et criminel mais périphérique, de l’affaire Epstein sont pour la plupart connues depuis plusieurs années. Les jeunes filles? Epstein partageait ses perversions avec ceux susceptibles de les partager. Les jeunes filles n’étaient qu’un “service” parmi ceux offerts par Epstein à ses relations.

Il n’a d’après nos sources jamais exercé de chantage à proprement parler. L’aurait-il fait, aurait-il immédiatement été ostracisé, voire pire, car un certain nombre de personnes avec qui il frayait sont dangereuses. Considérez, par exemple, le nombre de décès suspects dans le sillage du couple Clinton, comme le suicide en 1993 de Vince Foster, alors n°2 du service juridique de la Maison blanche au fait de toutes les manoeuvres ayant menée Bill Clinton d’abord à la tête de l’Arkansas puis à la Maison Blanche. Ou celui de Mark Middleton, chef de cabinet de Bill Clinton durant son premier mandat, qui organisa les dix-sept rencontres du président avec Epstein entre 1993 et 1995. Il a été retrouvé en 2022 dans un parc, pendu à un arbre par une rallonge électrique et une blessure par chevrotine à la poitrine, le fusil de chasse l’ayant infligée reposant à plus de vingt mètres du corps…

Les enregistrements auxquels procédait Epstein? Des trophées lui permettant de mesurer son influence et de revivre ses perversions, bien plus qu’un moyen de pression, nous affirme-t-on.

Sans prétendre détenir la vérité absolue, nous avons accès à un certain nombre de personnes compétentes, en Europe, aux USA et au Moyen-Orient, qui nous ont éclairé suffisamment pour pouvoir affirmer sans grand risque de nous tromper que l’affaire Epstein n’est pas pas une affaire de chantage - au sens commun du terme - et encore moins d’espionnage - au sens où Jeffrey Epstein ne fut jamais un agent d’un ou de plusieurs services de renseignement.

Il a en revanche opéré dès le début des années 1980 dans des milieux adjacents au renseignement, notamment israéliens, dans le cadre de contrats d’armement, légaux comme illégaux, dont il opérait l’infrastructure financière. C’est très probablement ce qui lui a permis dès l987 de “séduire” Leslie Wexner, le patron de L-Brands (Victoria’s secret, Abercombie & Fitch etc.), soutien obsessionnel d’Israël, qui en fit son fondé de pouvoir et le propulsa dans les cercles élitaires américains, dont il ne faisait pas partie auparavant.

Epstein n’était qu’un fixeur, comme il en existe des centaines - et certains bien plus riches que lui. Ce qui le rendait unique en son genre était ses liens avec l’Etat israélien et ses puissantes courroies de transmission parmi les juifs américains.

La Lettre confidentielle

Des origines de la fortune de Jeffrey Epstein

Pascal Clérotte
·
Feb 12
Des origines de la fortune de Jeffrey Epstein

L’origine de la fortune de Jeffrey Epstein est parfaitement connue. Recruté en 1976 par Alan Greenberg qui dirigeait la banque d’investissement Bear Stearns, historiquement l’une des plus douteuses de Wall Street, il s’est élevé sans aucun diplôme au rang d’associé-gérant en trois ans, en charge des “produits spéciaux”. Et dans les faits, il n’a jamais “quitté” Bear Stearns, au sens où depuis 1976 jusqu’à sa mort en 2019, il a continué à travailler avec voire pour cette banque d’investissement rachetée après sa faillite en 2008 par JP Morgan.

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