Du complexe industriel de censure progressiste au complexe industriel de censure sioniste
La névrose aurait-elle changé de camp, ou est-ce la folie ambiante généralisée?

Il est amusant de constater, comme le font judicieusement remarquer nos confrères américains de Breaking Points, que le complexe industriel de censure progressiste imposé de partout en Occident depuis le second mandat de Barack Obama (il a connu son apogée avec le mouvement Black Lives Matter et le wokisme) est en passe d’être remplacé par un autre complexe industriel de censure érigé au motif de lutter contre “l’antisémitisme”.
Prenons la Anti-defamation league américaine. Son patron affirme user de l’intelligence artificielle pour évaluer le caractère antisémite de propos tenus en ligne, pour ensuite utiliser un réseau de 50 000 avocats afin de signaler aux autorités locales, aux employeurs etc. les auteurs des propos incriminés, de lancer des poursuites et autres joyeusetés. Il ne s’agit là que d’un vain harcèlement judiciaire et que d’une nouvelle mouture de la cancel culture. La méthode est la même que celle du progressisme: obtenir par la stigmatisation, l’exclusion sociale et économique, ce que la loi américaine n’autorise pas, Premier amendement oblige.
En France, la loi sur l’antisémitisme, proposée par la députée des français de l’étranger Caroline Yadan Pesah (macroniste, sa circonscription comprend Israël) et qui vient d’être adoptée par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, est du même acabit.
Cette loi sera très vraisemblablement censurée, parce qu’elle constitue une entorse disproportionnée à la liberté d’expression. Ne le serait-elle pas, la France sera alors condamnée par les juridictions européennes.
La Ligue des droits de l’Homme, l’Union des juifs progressistes de France et une longue cohorte d’éminents juristes affirment que cette loi, au mieux, restera sans effet, et au pire entraînera une nouvelle réduction des libertés individuelles. Le Conseil d’Etat, dans son avis, a fustigé comme inacceptables ses imprécisions.
La liberté d’expression est la norme, ne cessent de répéter les juges. Elle ne peut être restreinte qu’en cas de propos manifestement illicites établis par des preuves concrètes. Et la jurisprudence européenne protège les propos dérangeants, voire choquants, pour l’Etat comme pour une partie de la population.
Par conséquent, certains, comme ils le font depuis les années 1920, comme ils l’ont fait avec les lois Pleven et Gayssot, cherchent à criminaliser ce qui leur déplaît. Ils se verront emboîter le pas par d’autres cœurs victimaires ne leur étant pas forcément amicaux, dans une infernale et névrotique ronde législative et judiciaire. Condamnés, Faurisson, Soral, Zemmour et les autres n’ont pas pour autant changé d’avis, que nous sachions.
Si comparer les crimes de l’armée israélienne à ceux des armées nazies est un délit, alors il faut embastiller tous ceux qui à gauche dégainent immédiatement le point Godwin pour tenter de flinguer leurs contemporains qui sont en désaccord avec eux.
Si clamer “De la rivière à la mer, la Palestine sera libre” doit enclencher des poursuites pénales, alors il faut mettre au trou tous les tenants du grand Israël, s’étendant de la rivière (le Jourdain) à la mer.
Si l’on considère qu’il est délictueux de penser que l’Etat d’’Israël n’est pas légitime à exister, alors il faut rafler tous les Haredim, ces juifs orthodoxes qui partagent cette opinion.
Personne dans la classe politique française n’a le courage de clairement définir ce qu’est l’antisémitisme. S’il s’agit de le pénaliser, alors cette définition est impérative.
L’antisémitisme consiste à nier à une personne, au motif qu’elle est juive, les droits que lui confère, comme à tout autre citoyen, la société française dans laquelle elle vit. Il n’est nulle question de jugements ou d’opinions exprimés quant à des conflits se déroulant sur un autre continent et auxquels la France n’est pas partie. Cela existe déjà dans la loi.
Nous n’allons pas y aller pas quatre chemins. Choquons un peu, façon maïeutique: Israël est un pays de merde. Nous en faisons la démonstration: la majorité des Juifs ne vivent pas dans le pays du lait et du miel - et n’ont pas l’intention d’aller s’y établir de sitôt. CQFD: Israël est un pays de merde.
Et Israël n’est donc pas le pays de tous les juifs. Un tiers de la population israélienne n’est pas juive, ce qui n’en fait pas un Etat juif, seulement un Etat majoritairement juif. Etre citoyen israélien n’est pas une question confessionnelle, puisque la majorité des Juifs ne sont pas israéliens et que tous les Israéliens ne sont pas juifs. A moins de considérer que l’Etat d’Israël soit une théocratie, ce qu’il n’est pas. Ne vous plaignez pas: nous avons prévenu que nous allions choquer.
Est-ce la preuve de l’échec du sionisme, idéologie qui naquit au XIXe siècle en réaction aux nationalismes européens qui contestaient trop souvent violemment la loyauté des Juifs envers leur pays natal, leur patrie?
On oublie que Hertzl, Ben Gourion, Jabotinsky et consorts n’ambitionnaient que de créer en Palestine un foyer national pour les Juifs qui le souhaitaient. Il faut d’ailleurs les relire pour mesure le glissement idéologique vers l’abîme qu’a subi le sionisme. Il ne fut jamais dans leurs intentions de décréter ce foyer national celui de tous les juifs, ni d’en exiger le soutien inconditionnel pour valider son judaïsme.
Cette question est bien évidemment plus compliquée qu’il n’y paraît. Elle n’est pas binaire. Elle fut cependant parfaitement sériée au moment de la Révolution française, voir l’article ci-dessous.
A l’époque, la plus importante minorité confessionnelle non-chrétienne était juive. Le principe énoncé par Clermont-Tonnerre vaut également aujourd’hui pour nos concitoyens musulmans, bouddhistes etc : tout leur accorder comme individus, tout leur refuser comme nation.
C’est ce principe qui préside à la loi française, plus particulièrement aux articles 23-7 et 23-8 du code civil.
Article 23-7: le Français qui se comporte en fait comme le national d'un pays étranger peut, s'il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d'Etat, avoir perdu la qualité de Français.
Article 23-8: Perd la nationalité française le Français qui, occupant un emploi dans une armée ou un service public étranger ou dans une organisation internationale dont la France ne fait pas partie ou plus généralement leur apportant son concours, n’a pas résigné son emploi ou cessé son concours nonobstant l’injonction qui lui en aura été faite par le gouvernement.
L’intéressé sera, par décret en Conseil d’Etat, déclaré avoir perdu la nationalité française si, dans le délai fixé par l’injonction, délai qui ne peut être inférieur à quinze jours et supérieur à deux mois, il n’a pas mis fin à son activité.
Lorsque l’avis du Conseil d’Etat est défavorable, la mesure prévue à l’alinéa précédent ne peut être prise que par décret en conseil des ministres.
Avant de rajouter des couches aussi inutiles qu’absurdes à une législation déjà obèse et inapplicable - donc nocive pour la société - si l’on s’attachait à appliquer la loi qui a déjà tranché le débat?
Deux exemples.
Tout Français a la liberté d’aller faire son service militaire dans l’armée d’un Etat étranger. L’exercice de cette liberté a néanmoins une conséquence, imposée par la loi : la perte de la nationalité française.
Tout Français dispose de la liberté d’être attaché à et de soutenir un Etat étranger. L’exercice de cette liberté a également une conséquence: s’il le fait en se comportant en fait comme le ressortissant de ce pays étranger dont il dispose de la nationalité, il perd la qualité de français.
Les limites sont clairement posées et elles n’enfreignent pas la liberté de quiconque.
Il suffit donc d’appliquer la loi pour stopper toute tentative d’importation en France de conflits qui ne sont pas les nôtres, et de se séparer de ceux qui, par leur actes, se comportent comme des ressortissants étrangers.
Problème réglé - si toutefois on dispose de la volonté politique d’appliquer la loi.





