[ Édito ] Ce que l'accord du Mercosur ne dit pas
L'accord entre l'Union européenne et le Mercosur est d'abord le signe du déclassement de la France sur la scène politique et économique européenne.
Qu’est ce que nous dit l’accord UE-Mercosur qui vient de franchir une étape capitale avant son adoption – le Conseil de l’UE a autorisé sa signature ce 9 janvier à une courte majorité qualifiée ? Que l’accord est bon – pour le commerce ? mauvais – pour la planète et la biodiversité ? déséquilibré – et à l’avantage de l’Allemagne ? Si on regarde par le petit bout de la lorgnette, franco-français, on y verra que l’accord consacre que la France, incarnée par Emmanuel Macron, n’a plus beaucoup de poids à l’international, et même sur la scène intérieure européenne.
Difficile de ne pas voir qu’à Bruxelles et Strasbourg tout a été mis en œuvre pour contourner la menace de veto français et jouer le passage en force. Contourner les parlements nationaux, et notamment français qui s’était exprimé contre. Contourner au moins momentanément le parlement européen dont le vote prévu plus tard, une fois l’accord signé, bloque pour l’instant toute mise en œuvre effective des deux piliers de l’accord.
L’Eclaireur en parlait le 9 janvier :
Difficile de ne pas voir non plus que le sujet était devenu en France une question de politique intérieure, socialement brûlante, plus que d’être une question agricole ou économique. Et que donc les dés étaient passablement pipés.
D’abord parce que si l’agriculture française boit le bouillon, elle le doit à elle-même. Comprendre ni le Brésil, ni l’Argentine, mais à l’Etat français. Faut-il le rappeler et le répéter : même si l’agriculture sud-américaine est très compétitive et que la France se débat dans tout un tas de normes, le premier fournisseur de viande bovine en France, ce n’est pas l’Argentine, ni le Brésil. Mais les Pays-Bas. Le second fournisseur n’est pas plus un pays du Mercosur, mais l’Irlande. Pareil pour le troisième qui n’est autre que l’Angleterre. Le quatrième est l’Allemagne.
Le Brésil n’arrive qu’à la 10e place.
“Il y a bien une crise majeure de l’élevage bovin en France, baisse continue de la production de bovins français, déficit commercial en volume, et faible revenu des exploitations agricoles se consacrant aux bovins. Cependant, c’est la compétitivité de l’élevage bovin français vis-à-vis des autres pays européens qui est en cause, pas sa compétitivité hypothétique vis-à-vis du Brésil ou de l’Argentine”, soulignait en février 2024 dans La Tribune l’économiste Pierre Buigues qui, pendant vingt ans, a travaillé à la Commission européenne.
Même chose pour l’élevage ovin. En 2021, la France a importé 79 300 tonnes équivalent carcasses et en a exporté 9 700. Ses principaux fournisseurs ne sont pas le Brésil ou l’Argentine mais le Royaume-Uni et l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne. Et on ne vous parle pas du poulet ukrainien.
Le riz ? Les premiers fournisseurs de la France sont l’Italie, le Cambodge, la Thaïlande et le Pakistan. Le miel ? La France importe son miel principalement d’Ukraine, d’Espagne, d’Allemagne et de Chine. En fait, il n’y a bien que le soja qui vient essentiellement d’Amérique du Sud et notamment du Brésil.
Les pays du Mercosur menacent-ils la “souveraineté alimentaire” – qui n’existe formellement pas sauf sous forme de slogan – de l’Union européenne ? Non. La France est-elle davantage en concurrence avec ses voisins européens ? Assurément oui.
Hier première puissance agricole européenne, aujourd’hui, la France ne fait plus le poids. Si l’Hexagone reste le premier producteur européen de viande bovine, de céréales ou de vin, sa balance commerciale penche dangereusement. En 2015, le solde agroalimentaire affichait un excédent de plus de 8 milliards d’euros. Il ne l’était plus que de 3,5 milliards d’euros en 2024, avant de chuter à 350 millions d’euros sur les huit premiers mois de 2025. Un niveau jamais observé depuis la fin des années 1970 et ce alors que la demande mondiale et européenne est en croissance 1.
L’accord de l’Union européenne avec les pays du Mercosur, et la mise sur la touche politique de la France et surtout de ses représentants, devrait aussi se poser là : comme un coup de projecteur et de semonce sur le déclassement économique de la France. On n’y est pas encore.




![[ Accord UE-Mercosur ] "On vous prend pour des jambons"](https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!qipF!,w_140,h_140,c_fill,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep,g_auto/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F8eedbe3f-476d-452d-8f65-0c7706c9141b_1810x1172.heic)

Oui. La classe politique et les fonctionnaires français à Bruxelles ont toujours joué contre la France. Les uns pour leur carrière, les autres car croyant incarner l’Europe. La réalité c’est que les allemands à Bruxelles, les hollandais et autres ont toujours tenté de préserver leur pays.
La quintessence de la trahison: Voynet, cette traitre absolue, avouant en rigolant avoir sacrifié le nucléaire français avec les anglais, contrairement aux ordres de Jospin. Mais elle a été récompensé par divers postes (Ars de Mayotte…) et maintenant elle préside le comité Theodule de sûreté du nucléaire.
Et l’administration française jamais en retard de c…, durcit les règles européennes sur tout. Nos normes étouffent et détruisent plus sûrement notre économie que tous nos ennemis.