IA: Intelligente Arnaque (3e partie)
L'IA, c'est de la finance circulaire. C'est un trou noir dont il ne restera rien, contrairement à l'implosion de la bulle internet qui a laissé des infrastructures de communication durables.
Salut! C’est encore nous, les Cassandre!
OpenAI a raté ses objectifs en 2025. Tant en terme de nombres d’utilisateurs hebdomadaires actifs que de chiffre d’affaires. Notez que tout ce que nous avançons dans cet article s’applique à toutes les autres boîtes d’IA générative.
Sa directrice financière, Sarah Friar, a déclaré en privé à des collègues qu’Open AI pourrait ne pas avoir les moyens de payer ses nouveaux contrats conclus avec les hyperscalers et fabricants de GPU1 à moins d’une croissance plus élevée. Pire, elle a également affirmé qu’OpenAI n’était pas pour le moment capable de faire face aux exigences strictes imposées par une cotation en bourse. Sarah Friar a été recrutée en 2024 précisément pour préparer l’introduction en bourse d’Open AI…
Bien évidemment, elle et Sam Altman se sont empressés de démentir et de qualifier l’article du Wall Street Journal de “putaclic” alors que son auteur, Berber Jin, est un journaliste sérieux, très bien informé et pas connu pour verser dans l’infox et l’à-peu-près.
Aujourd’hui, chaque dollar que gagne OpenAI génère mécaniquement 2,25 dollars de pertes. En d’autres termes, si le chiffre d’affaires d’Open AI augmente d’un milliard, cela générera des pertes de 2,25 milliards. Et ce n’est pas mieux chez ses concurrents, Anthropic, Google, Mistral AI, xAI et les autres.
A lire également, les deux premiers volets de notre enquête.
Voici les contrats d’achat de capacité de calcul et de stockage conclus par OpenAI pour les prochaines années.
Oracle — 300 milliards de dollars sur cinq ans pour une infrastructure de calcul.
Broadcom — 350 milliards de dollars pour le déploiement d’accélérateurs IA sur mesure.
AMD — plus de 100 milliards de dollars pour le déploiement du GPU Instinct.
AWS (Amazon) — un partenariat de sept ans à 38 milliards de dollars pour du cloud computing.
CoreWeave — 22,4 milliards de dollars pour des droits d’utilisation de centres de données jusqu’en 2029.
Rajoutons l’accord avec Microsoft, actionnaire de référence d’Open AI, de 245 milliards sur Azure.
Open AI s’est engagé à acheter ces capacités de calcul et de stockage. Ses fournisseurs, de leur côté, se sont engagés à les livrer donc à investir au préalable des centaines de milliards par an.
Sur les 24 milliards de chiffre d’affaires de Microsoft générés par l’IA en 2025, 70% proviennent d’Open AI. Si Oracle a licencié 30 000 personnes, c’est pour dégager la marge de manœuvre financière nécessaire pour se concentrer sur son infrastructure de calcul dont le principal utilisateur sera Open AI. 80% du chiffre d’affaires IA de AWS proviennent d’Anthropic.
Le backlog2 que génère OpenAI chez ses fournisseurs est gigantesque. 45 % du backlog cloud de Microsoft (625 milliards de dollars fin 2025/début 2026) est lié à OpenAI. Chez Oracle, backlog de 553 milliards dont les deux tiers sont dus à OpenAI. D’où les investissements circulaires qui visent à sécuriser la demande - en réalité, à la créer de toute pièce.
Comment donc Open AI peut-elle honorer ses contrats et payer ses fournisseurs? Pas trente-six solutions:
1 - La croissance du chiffre d’affaires: plus d’abonnements payants.
Nous n’en prenons pas le chemin puisque OpenAI prévoit une baisse de 80 % du nombre d'abonnés à ChatGPT Plus (20 dollars par mois), passant de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026. On nous dit que c’est délibéré parce qu’on va pousser les abonnés à se reporter sur l’abonnement à 8 dollars/mois avec de la publicité en sus. Remplacer 44 millions d'abonnés à 20 $/mois par 112 millions à 8 $/mois génère moins de revenus bruts; le coût d’acquisition d’un abonné à 8 dollars est en fait supérieur à celui d’un abonné à 20 dollars. La logique à l’oeuvre n’est donc pas celle de la rentabilité mais de la valorisation en jouant sur une métrique en trompe l’œil: le nombre d’abonnés.
2 - Nouveau tour de table
OpenAI a annoncé le 1er avril 2026 avoir récolté 122 milliards de dollars de capital, portant sa valorisation (théorique) à 852 milliards de dollars. C'est l'aboutissement d'un processus en deux temps : en février 2026, OpenAI avait d'abord annoncé une levée de 110 milliards de dollars, avant que des investisseurs supplémentaires ne portent le total à 122 milliards.
Amazon a investi 50 milliards de dollars, dont 35 milliards conditionnés à une introduction en bourse ou à l'atteinte de l'AGI3, tandis que Nvidia et SoftBank ont chacun mis 30 milliards de dollars. Financement circulaire pour sécuriser le backlog en générant une demande qui sinon n’existerait pas, voir plus haut.
SoftBank, la banque d’investissement japonaise, a également co-dirigé le second rang de ce tour de table aux côtés de a16z, D. E. Shaw Ventures, MGX, TPG et T. Rowe Price Associates. Parmi la vingtaine d'investisseurs institutionnels figurent Sequoia Capital, BlackRock, Blackstone, Fidelity, ARK Invest, Temasek, Thrive Capital et l'Université de Californie.
122 milliards de dollars, c’est le cash qu’OpenAI pourrait cramer en moins de trois ans, tout en générant une perte dans la même période de 44 milliards.
3 - Le crédit bancaire
OpenAI a également étendu sa ligne de crédit revolving à 4,7 milliards de dollars, accordée par JPMorgan Chase, Citi, Morgan Stanley, Wells Fargo, Mizuho, Royal Bank of Canada, SBMC, UBS, HSBC et Santander.
Nous vous l’exposions dans la seconde partie de cette enquête: la moitié des capacités de calcul dont la mise en ligne était prévue en 2026 sont soit reportées, soit annulées. D’un côté nous avons des hyperscalers qui investissent massivement dans des entreprises d’IA dont le modèle économique n’est structurellement pas rentable, et de l’autre ces mêmes hyperscalers mettent la pédale douce sur les capacités de calcul. Ne trouvez-vous pas cela curieux? A moins que…
Le pari qu’ils font est que les introductions en bourse, en générant de grosses plus values, couvriront leurs investissements d’infrastructure et que les inévitables pertes abyssales seront essuyées par les investisseurs en bourse qui seront tombés dans le panneau.
Il s’agit ni plus ni moins que d’une forme de “pump and dump”4, malheureusement légale puisqu’elle a lieu avant la cotation.
Les fournisseurs-investisseurs cherchent à organiser un gigantesque transfert de richesse en leur faveur en essayant d’éviter les catastrophes qui s’étaient déroulées au moment de l’implosion de la bulle internet en 2001-2002 dans le secteur des télécommunications, avec les faillites retentissantes de géants du secteur comme Nortel, Lucent, Eriksson et consorts suite à des investissements dans les infrastructures de haute bande passante (essentiellement la fibre optique) pour lesquels il n’existait alors pas de demande. Ces équipementiers Télécom avaient financé à 100 %, voire 150 ou 200 %, le coût des réseaux de leurs clients opérateurs pour décrocher des contrats. Quand de gros opérateurs comme WorldCom (la plus grosse fraude comptable de l’histoire des USA), Global Crossing, Viatel, Genuity, Winstar et Global TeleSystems font faillite en moins d’un an, le retour de manivelle a été brutal.
On connait la mécanique: surinvestissements dans les infrastructures financés par la dette, valorisations déconnectées de la réalité, et effondrement brutal quand le chiffre d’affaires ne suit pas. Tenez, comme AWS, Microsoft, Oracle et les autres - même si l’effondrement brutal n’est pas encore survenu.
A la différence qu’un câble de fibre optique dispose d’une durée de vie située entre 25 et 50 ans. L’internet actuel fonctionne toujours sur ces infrastructures qui ne sont pas encore totalement amorties (et qui ont été rachetées à 10 cents le dollar après les faillites par qui donc? Amazon, Microsoft, Google, bref, les hyperscalers).
Un GPU optimisé pour l’IA ne vaut plus rien à partir du moment où on l’installe et a une durée de vie de deux à trois ans. Ce n’est donc qu’une commodité, qu’un consommable. Et sans GPU, un centre de données de vaut pas tripette.
Si OpenAi et le reste de la bande se retrouvent en cessation de paiement avant leur introduction en bourse - ce qui est aujourd’hui possible - c’est l’ensemble des hyperscalers - AWS, Microsoft, Oracle et les autres - et des fabricants de puces qui verront leurs investissements réduits à néant et devront prendre la paume. Avec les conséquences boursières qui s’en suivront.
Si la bulle implose après les introductions en bourse, c’est l’ensemble de l’économie qui essuiera les plâtres, Amazon, Microsoft, Oracle et les autres espérant bien alors pouvoir mettre la main pour pas cher sur la propriété intellectuelle des entreprises d’IA.
Cela reste quoi qu’il en soit un très mauvais calcul dans un contexte où la guerre déclenchée par Israël et les USA contre l’Iran risque fort de plonger l’économie mondiale dans la récession voire la dépression par le seul biais des hydrocarbures.
Enfin, rajoutons que Bryan Catanzaro, le vice-président du Applied Deep Learning de NVidia, a déclaré que le coût d’une IA restait très supérieur à celui de employé l’utilisant. Etonnant pour un cadre dirigeant d’une entreprise qui vend les pelles de la ruée vers l’or?
Une étude du MIT a déterminé que l’usage de l’IA n’était économiquement viable que pour grand maximum 23% des tâches, uniquement celles qui impliquaient la vision (c’est à dire l’analyse d’images et de vidéos). Pour les 77% de tâches restantes, un employé reste et restera bien moins cher.
La gloutonnerie est un péché mortel dont on devrait tenir comptable le capitalisme débridé devant les tribunaux.
Graphics Processing unit, ces puces originellement conçues pour les cartes graphiques, qui, parce que calculant en parallèle, ont été adaptées pour l’IA.
Le montant des revenus futurs déjà contractés mais pas encore reconnus en chiffre d’affaires.
L’AGI est une forme d’intelligence artificielle capable de comprendre, apprendre et accomplir n’importe quelle tâche intellectuelle qu’un être humain peut réaliser, et ce, aussi bien (ou mieux) que lui. Contrairement aux IA actuelles (comme ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, etc.), qui sont des IA étroites (narrow AI) spécialisées dans des domaines précis, l’AGI serait polyvalente et généraliste.
C’est une manipulation en deux temps :
Pump (« gonfler ») : Un groupe de personnes ( fait monter artificiellement le prix d’un actif en :
Publiant des informations trompeuses, des « news » exagérées ou fausses.
Coordonnant des achats massifs pour créer un effet FOMO (Fear Of Missing Out, peur de rater la bonne affaire).
Dump (« décharger ») : Une fois que le prix a fortement augmenté et que des investisseurs ordinaires ont acheté (attirés par la hausse), les manipulateurs vendent massivement leurs positions. Le prix s’effondre brutalement, laissant les derniers acheteurs avec de grosses pertes.





