Huit jours. Le détroit d’Ormuz est fermé depuis huit jours. Les assureurs maritimes — Lloyd’s en tête — refusent, à juste titre, de couvrir tout navire qui tenterait d’y transiter. Ce n’est pas une perturbation. C’est un arrêt net du commerce mondial en hydrocarbures dans le Golfe persique, Ormuz étant la principale route. Et les conséquences ne sont pas théoriques.
Commençons par le pétrole. Non pas simplement comme source des carburants, mais comme l’une des matières premières fondamentales de la civilisation industrielle. Les raffineries ont été conçues, construites et calibrées pour le brut du Golfe persique — une norme historique qui remonte à la fin du XIXe siècle. Substituer d’autres qualités de brut n’est pas une mince affaire : cela exige des catalyseurs de craquage fluide, d’autres intrants coûteux, et une recalibration complète des procédés de raffinage. L’arrêt quasi-total de l’approvisionnement en brut du Golfe signifie une inflation sévère et garantie sur l’ensemble des produits dérivés du raffinage — c’est-à-dire, peu ou prou, tout.












