IA, Intelligente Arnaque (4e partie): c'est quantique
Les ordinateurs quantiques sont aussi quantiques que l'IA n'est pas intelligente, mais pas une escroquerie, contrairement au quantique. Cherchez pas, c'est quantique.
Dans les trois premiers volets de cette série, nous avons démontré preuves à l’appui que l’IA ne générera pas de gains de productivité et ne sera pas économiquement viable pour accomplir l’écrasante majorité des tâches. Cherchez pas, c’est quantique.
Nous avons également mis en évidence que le modèle économique des boîtes d’IA est structurellement, mécaniquement déficitaire, parce qu’un utilisateur supplémentaire ne fait pas baisser le coût par utilisateur. Le même prompt écrit par deux utilisateurs au même moment exige la même capacité de calcul, donc générera le même coût, sans économie d’échelle possible. Ne cherchez pas, c’est quantique
Tous ces grands prêtres qui viennent nous évangéliser recherchent deux choses: mobiliser dans des foutaises du capital qui fait cruellement défaut ailleurs et agiter la peur du remplacement des employés afin de forcer les salaires à la baisse, surtout chez les jeunes. Oui, c’est quantique aussi.
L’intensité de la campagne de communication en cours ne vise qu’à générer la peur de manquer la bonne affaire - FOMO, fear of missing out. Le pari que font les hyperscalers et les fabricants de puces qui financent à grands coups de centaines de milliards leurs clients que sont les boîtes d’IA, est que les introductions en bourse, en générant de grosses plus-values, couvriront leurs investissements d’infrastructure (qui sont en fait du consommable puisque la durée de vie d’une puce en utilisation intensive est de 2 à 3 ans) et que les inévitables pertes abyssales seront essuyées par les investisseurs en bourse qui seront tombés dans le panneau.
Et après l’implosion de la bulle, ces mêmes hyperscalers et fabricants de puces espèrent bien mettre la main sur la propriété intellectuelle des boîtes d’IA pour pas cher.
Une fois encore, c’est du pump and dump1. Et c’est qu-an-ti-que.
Arthur Mensch, le patron de Mistral AI, nous prend pour des schlumps façon quantique. Il refuse une loi réglementant l’IA et protégeant le droit d’auteur. Pourquoi? Parce que les modèles de Mistral AI, comme tous les autres, ont été entraînés sur des données, du contenu. Une partie importante de ces données et contenus relèvent du code de la propriété intellectuelle, notamment des droits d’auteurs. Or, pour utiliser un contenu soumis au droit d’auteur, il faut payer. Et Mistral ne paie pas, comme tous les autres.
Les modèles de Mistral AI sont propriétaires. Ils sont protégés par des brevets et le code de la propriété intellectuelle, équivalents au droit d’auteur. Ainsi M. Mensch nous dit qu’il s’oppose à ce que les auteurs récoltent le légitime fruit de leur travail afin que lui et ses actionnaires puissent s’en mettre plein les poches en s’appropriant ce travail pour développer des modèles propriétaires protégés par des dispositions légale équivalentes au droit d’auteur.
Cela à un nom: une escroquerie2.
Et l’escroquerie est de taille, puisqu’outre la littérature, la musique, la photographie, le cinéma, les vidéos; tout l’internet public etc., il y a également toutes les publications scientifiques.
Larry Ellison, le patron d’Oracle, vient de se réveiller et de faire un demi-tour sur les chapeaux de roues en se rendant compte que ce n’est pas le modèle qui importe en matière d’IA, mais les données. La seule source d’avantage concurrentiel réside donc dans le fait de disposer de données de manière exclusive, au sens où personne d’autre ne pourra les utiliser, sur lesquelles entraîner ses modèles. Puisque ce sont les données sur lesquelles on entraîne une IA qui fait l’IA, vous suivez? Nous espérons car c’est quantique.
Pour faire ce que Larry Ellison prône, il y a deux possibilités: soit créer ces données soi-même, soit acheter le droit d’utilisation exclusif de données créées par d’autres, donc de payer notamment des droits d’auteurs.
Jeu, set et Match pour L’ECLAIREUR, M. Mensch.
Considérons les centaines de milliards cramés par les boîtes d’IA dans la location de centres de données, et rajoutons, pour rigoler, les centaines de milliards qu’elles devront débourser pour acheter l’usage exclusif de données: leur modèle économique passe de mécaniquement à quantiquement déficitaire.
Et si on en remet une couche avec l’encyclique du Pape Léon XIV traitant de l’IA - qu’il faut lire car il s’agit d’une réflexion qui n’a rien de religieuse - on se rend compte que le débat ne fait que commencer…
Le dernier gimmick en vogue est “Le Quantique” (à prononcer avec emphase comme Emmanuel Macron lisant, pénétré, le cantique des cantiques). Qu’est-ce donc que cette bête là?
Le microprocesseur d’un ordinateur “normal” utilise pour calculer des bits, dont la valeur ne peut être qu’alternativement zéro ou un. Il est composé de milliers de transistors - d’interrupteurs.
Un ordinateur quantique lui n’utilise pas des bits mais des qbits qui peuvent valoir simultanément zéro ou un. D’où le terme de “quantique”, en référence directe au chat de Schrödinger3 .








