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Iran: la réalité qu'on ne vous décrit pas
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Iran: la réalité qu'on ne vous décrit pas

Les USA et Israël sont dans une mouise de proportions bibliques.

Coupons à la machette le brouillard de guerre — et, plus épais encore, le brouillard médiatique sur l’Iran.

Ce qu’on nous sert, c’est un conte de fées.

Dernier chapitre en date : l’Iran aurait pilonné Tel Aviv avec un missile à sous-munitions la nuit dernière. Absurde.

Les armes à sous-munitions sont des armes antipersonnel — conçues pour faucher de l’infanterie en rase campagne, sans effet sur des bâtiments ou du matériel militaire.

L’Iran a fait la démonstration d’un nouveau missile balistique manœuvrable qui, en phase finale de sa trajectoire, libère 80 leurres thermiques pour saturer et aveugler les défenses aériennes. La vraie ogive se faufile pendant que les intercepteurs chassent les leurres.

Pourquoi est-ce capital ? Imaginez un tel missile, précédé d’un essaim de drones, tiré sur un porte-avions américain. Aucune interception efficace possible. Le porte-avions subit des dommages catastrophiques, voire est coulé. Aucun navire de surface n’est aujourd’hui en sécurité dans un rayon de 2 000 km des côtes iraniennes. Changement de paradigme.

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Etant donné que Téhéran a réduit en poussière la base de la 5e flotte américaine au Bahreïn, le point le plus proche de ravitaillement et de réarmement des bâtiments se situe à Diego Garcia, dans l’océan indien.

On nous répète aussi qu’Israël et les États-Unis jouissent d’une suprématie aérienne incontestée. Mensonge. Rappel : l’Iran a déjà abattu plusieurs (au moins 5) F-15 américains.

Chaque frappe américaine ou israélienne sur le sol iranien s’effectue à distance de sécurité, hors de portée de la défense anti-aérienne iranienne — missiles de croisière tirés depuis des navires ou des aéronefs. Des survols directs ? Hors de question. Même pas de bombardiers furtifs.

Plus grave encore : l’Iran a méthodiquement démantelé le bouclier antimissile américain au Moyen-Orient. Des frappes de précision ont mis hors service les quatre radars THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) de la région (qui coûtent 1,1 milliard de dollars pièce). Résultat : Israël et ses alliés sont définitivement aveugles face aux tirs balistiques. Détection et alerte précoce ? Gravement compromises.

Pendant ce temps, la dernière aventure israélienne — une nouvelle incursion dans le sud du Liban — tourne au fiasco. Le Hezbollah a mis hors combat au moins huit chars Merkava et pilonné les concentrations de troupes israéliennes à la frontière. Tsahal se fait une nouvelle fois botter le derrière.

Puis il y a l’arithmétique élémentaire que l’Occident feint d’ignorer. Intercepter un projectile ou un drone nécessite deux missiles antiaériens au moins. Un drone iranien Shahed-2 ? Entre 20 000 et 50 000 dollars. Un intercepteur Patriot ? Trois millions de dollars. Un intercepteur THAAD? Treize millions. Logique économique brutale: les défenseurs s’épuisent financièrement pendant que les attaquants dépensent des clopinettes.

Tout cela pointe vers un seule conclusion : le détroit d’Ormuz restera fermé. Aucun pétrolier n’a accepté d’être escorté par la marine américaine — trop dangereux, et pour cause. Nous fonçons vers une crise énergétique qui fera passer le choc pétrolier de 1973 pour de la gnognotte.

La panique en Occident est palpable. Les États-Unis ont discrètement autorisé l’Inde à continuer d’importer du brut russe. L’Allemagne — oui, l’Allemagne — et l’UE font pression sur l’Ukraine pour rouvrir les pipelines russo-ukrainiens. Zelensky, petit caïd vicieux, fait encore du chantage et exige les 90 milliards d’euros promis par le Conseil européen. Il est temps d’admettre l’évidence : le régime de Kiev est un boulet dont on doit vite se séparer.

Nous vous avons suggéré, dans notre capsule du 2 mars dernier, de surveiller deux indicateurs : les stocks de missiles américains et les prix du brut. Nul besoin d’être grand clerc pour prévoir ce qui était aisément prévisible. Pourtant nos dirigeants — et leurs oppositions invertébrées — n’ont rien vu venir.

Quant aux chaînes d’info en continu — publiques comme privées —, fermez-les toutes. Elles n’informent pas. Pensez aux économies pour ces chers oligarques qui les possèdent.

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